Message aux ingénieurs ICAM 2017

 

CFE 1

Chers ingénieurs ICAM 2017

Bienvenue, nous vous attendions
Bienvenue dans la vie professionnelle.
Bienvenue dans l’âge de la création de valeur, économique, sociale, environnementale.

Vous n’êtes pas votre diplôme.
Votre diplôme n’est pas un droit, votre diplôme n’est pas un statut, votre diplôme n’est pas un aboutissement, votre diplôme est une étape. Une validation d’un parcours initiatique.
Maintenant, vous ne pouvez plus le niez, vous êtes des adultes, responsables, autonomes et donc libre.

Vous êtes maintenant responsable de votre liberté.

(…)

Bienvenue dans le monde de la dualité. Ce monde ou vous allez peut-être chercher votre voie, votre vocation. Ce monde ou vous allez chercher ce qui est bon pour vous, réaliser vos rêves tout en étant payé !

Et oui l’argent.

Cet outil qui nous permet simplement d’arrêter le troc et d’échanger des biens et des services en différent la contrepartie. L’argent, ce carburant de l’organisation.  Cette énergie qui nous permet d’aller d’un point A à un point B.
Pour aller de St Nazaire à Nantes, on a besoin d’essence. Pour autant ne perdons pas de vu que notre objectif est d’aller à Nantes, pas d’avoir le plus d’essence possible… Sinon on risquerait restez coincé à Donges pour gérer une raffinerie, sans jamais atteindre le bar de la Mi. Ça serait ballot.

(…)

Il y a quelque chose qui a vraiment changé depuis que je suis sorti de l’Icam en 2000.

Parenthèse, je vous remercie parce que j’ai bientôt 40 ans et bon, je ne suis pas encore président de la république….  Je commençais à me dire que j’avais un peu raté ma vie et grâce à vous, j’aurais été parrain de promo avant 40 ans ! Et pas n’importe laquelle !

En fait y a un truc qui m’éclate, c’est que je suis fier de vous alors que je ne vous connais pas… c’est étrange comme sentiment. J’aurais envie de vous rencontrer chacun individuellement. Etre enseigné par l’histoire de votre vie. Édifier par notre rencontre. Je n’arrive pas à apprendre dans les livres. Ce qui m’enseigne, c’est l’autre.

Bon là ce soir ça va faire un peu short, mais cool, on a le temps, on a toute la vie, en plus j’ai que 40 ans alors….
A l’époque, on avait encore l’illusion de croire qu’on savait à quoi les étudiants devaient se préparer. On avait l’illusion de penser qu’on avait les clés du monde professionnel. On aurait presque eu l’audace de publier le topito des 10 étapes de la vie professionnelle de l’ingénieur ICAM et vous allez adorer la 7ème.
Pour certaines personnes qui sont sorti de l’Icam en 2000, les 10 étapes ont encore été réalisable. Mais pour vous… désolé…. Ça ne va pas être possible. On ne sait pas à quoi vous venez de vous préparer.
Pour la première fois depuis plusieurs générations, on vous prépare à « l’art et la manière de faire monde », sans aucune idée de ce que pourra être ce monde en question.

Ça fait flipper !

Bonne nouvelle. Vous avez choisi les meilleures études pour vous préparer à ce monde en mouvement.
Votre horizon est déjà large. Vous avez appris à regarder le monde avec un spectre au-delà du visible. On vous a enseigné à voire les infra rouges ET les ultra-violets. Vous avez une formation qui vous a ouverts les chakra. Vous avez choisi une école qui vous en fait voir de toutes les couleurs à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur.
Vous avez choisi l’Icam, une école ou la connaissance de soi est aussi importante que la connaissance tout court.

J’ai la conviction que pour rendre le monde qui nous attend le plus beau possible, nous allons avoir besoin que chacun prenne SA place. Comme dit Oscar Wild « soyez vous-même », les autres sont déjà pris.  Si on veut que le monde soit solide, il va falloir que chacun d’entre nous se tienne debout. Ok vous êtes “adaptable et polyvalent”, mais à force d’essayer de rentrer dans le moule, vous risquez de vous transformer en tarte.

Bon alors, quand on dit ça, on fait comment ?
Je suis qui moi ? C’est quoi ma vocation ? On me dit de réaliser mes rêves ? Lesquels ? J’en ai trop, je n’en n’ai aucun, je sais plus. C’est quoi ma manière unique de faire monde. Quel est l’endroit où Dieu m’appelle ?
Certains d’entre vous ont peut-être déjà contacté cette flamme intérieure.

Lucky you.

Moi par exemple, je n’ai pas encore vraiment trouvé, mais j’ai l’impression que je suis en voie d’unification.

J’ai passé beaucoup de temps suspendu sur un fil entre héroïsme et sous merdisme.
Je me lève le matin j’ai le sentiment d’être un père modèle, je me couche le soir, je me dis merde, je ne suis pas mère Térésa.
Je me couche le soir, j’ai la fierté de participer activement à mettre du sens dans la vie économique, je me lève le matin, je me dis purée, je n’ai pas créé blablacar…

Constamment travaillé entre mon âme et mon ego, j’ai passé 15 ans à la recherche de MA mission de vie.
The one, l’unique.
J’étais comme une assiette chinoise dans un cirque. J’essayais d’être centré, focus, déterminé. Je n’y arrivais pas. Je m’épuisais à essayer d’être quelqu’un que je ne suis pas, je m’épuisais à essayer de me conformer, de respecter la méthode officielle : reste focus, travaille dur, et tu vas réussir. Sauf que moi je n’ai jamais trouvé LE sujet sur lequel me concentrer. Je suis incapable d’être sur un sujet unique. Je ne suis pas du tout stratège pour ma vie.
Je me sentais nul. Je me disais que je me dispersais. Et je luttais pour être focus.

Je croyais que je luttais dans le monde économique, je croyais que je luttais contre mes concurrents, en fait je luttais contre moi-même.
Je suis arborescent. Je suis un arbre. J’ai autant besoin de la robustesse de mes racines que de la diversité de mes branches.
Tout cela je m’en suis rendu compte très récemment, en relisant ma vie et en cherchant les moments, les lieux dans lesquels je me sentais à ma place, pleinement.

J’ai réalisé que ma mission était dans la diversité.
J’ai donc rajouté des pieds à mon assiette chinoise : plusieurs entreprise, le théâtre, l’engagement associatif, le conseil…  A la place de l’assiette instable et épuisante, je me suis retrouvé avec un tabouret super solide. Mon cerveau se fait des nœuds pour gérer mon agenda, mais mon cœur est plein de joie, mon âme est apaisée.

Quand à ma mission, au lieu d’essayer de la définir de manière concrète, j’ai ouvert le champ des possibles et je me suis dit que dans la vie, je voulais « aimer et vivre des aventures ».

Pourquoi je vous raconte ma vie ?
Pour vous témoigner que pour certains, la vocation est tracée, il la voie, c’est une belle droite. Et ils vont s’efforcer dans leur vie de poser des points le plus près possible de cette droite.
D’autres, comme moi, auront peut-être besoin d’avancer pour comprendre. De poser des points de ci de là, et puis de se retourner un jour pour observer les points et se dire que ce nuage de point peut être approché par corrélation pour former une droite. Pour ceux-là, la vocation se découvrira pas à pas. Ce n’est pas la vocation qui déterminera leurs choix futurs, mais leurs choix passés qui les aideront à comprendre leur vocation future. 

Plus ils avanceront, plus ils comprendront le sens.
Le sens : pourquoi je fais cela. Mais aussi le sens : vers ou je vais.

Un ami théologien m’a expliqué qu’en hébreu la racine de pêcher est la même que : rater sa cible. Pêcher serait poser un point trop loin de la droite de notre vocation.
Ainsi donc le message Chrétien n’a rien à voir avec « respecte bien les règles sinon tu seras puni », mais plutôt avec « Prend soin de ta vie, je suis à tes cotés pour te permettre de viser juste ».

Chers ICAM 117, je vous souhaite de pêcher le moins possible.
Soyez les Bienvenus nous vous attendions !

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