J’ai rédigé cet article la semaine dernière pour Ecolo-info.

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Le marché des services et solutions écologiques explose et donne plein de nouvelles idées à de nombreux jeunes entrepreneurs. Si vous leur demandez ce qui les a amené à entreprendre, la plupart répondent, et moi le premier, « J’ai eu besoin d’avoir un métier plus en adéquation avec mes convictions personnelles ». Si vous leur parlez du projet économique de l’entreprise beaucoup vous feront part de leur souhait de construire un monde différent ou le projet et les hommes qui le mènent seraient à nouveau mis en avant face à la recherche de profits court terme.

 

Ces green entrepreneurs sont partout: sur le web, dans les magazines, à la radio, à la télé. Ils sont à la fois patron et militant. Du fond de notre canapé on a parfois l’impression que tout est rose pour eux, qu’ils ont réussi. Et on se dit « boaf, et moi j’ai toujours mon boulot comme tous les autres. Je fais rien de mal, mais qu’est ce que je fais de bien ? ». Pourtant on ne se voit pas créer notre propre entreprise, pas l’idée, pas l’argent, pas le temps, pas l’énergie. Bref, la création d’entreprise, ce n’est pas pour nous.

Alors on va laisser les autres changer le monde et se laisser guider ? No way !

Ces centaines d’entrepreneurs qui créent leur association ou leur entreprise sont en train d’impulser un mouvement, mais ils seront incapables de faire bouger quoi que ce soit tout seul. D’ailleurs entre nous, ce n’est pas un petit millier de TPE qui vendent des produits écolos qui vont répondre à l’urgence climatique. D’autant que la plupart de ces entrepreneurs (dont je fais partie) ce sont lancés sur des services, de la publication ou de la diffusion de produits plus clean que les autres. Et les petits jeunes que nous sommes ne sont pas près d’avoir le capital nécessaire à la mise sur le marché de nouveau procédés industriel de masse.

Image Photo Libre

La vraie révolution, c’est dans les entreprises existantes qu’il faut la mener. Elle peut être menée de deux façons. La première est accessible à tous : participez à faire changer les habitudes de l’entreprise. On peut commencer par des trucs tout petit.

  • C’est vous qui gérez la machine à café ? Et si on virait les gobelets plastiques pour les remplacer par des tasses ?
  • Vous faites régulièrement 2 heures de route pour une réunion d’une demi heure ? Et si on passait sur skype ? Investissez dans une très bonne webcam et un super micro, prenez le top du top. De toutes les façons 200 km build files images images.zip olivierdemaegdt.wordpress.2016-09-15.xml quotidiendurable-2 quotidiendurable_xml-3 quotidiendurable_xml-3.tar scripts test vagrant-local 40 cts = 80 euros, donc ça sera remboursé en moins de deux télé-réunions… Dans mon entreprise, nous avons décidé de nous déplacer qu’en cas de force majeure.
  • Clim ? Pas Clim ? Difficile de la supprimer, je vous l’accorde. Proposez un sondage sur le sujet et définissez ensemble les températures-palier. Comme ça, plus de débat.
  • Vous êtes chef d’entreprise ? Partagez avec vos salariés les bénéfices économiques de vos actions écologiques. Ainsi vous ne pourrez pas être considéré comme un rapiat ! Je vous propose même de les partager en 3. Un tiers pour l’entreprise, un tiers pour les salariés (sous forme de prime, de cadeau, de sortie ensemble), un tiers pour la cause (financer le nettoyage d’une rivière ou une étude sur la disparition des abeilles, faites un don à une asso).

Voci un exemple concret de l’engagement d’une grande entreprise, qui ne vend pas de produit écolo.  Ci-dessous l’interview de Renée Talamona, DG du Crédit Agricole Pyrénée Gascogne dont les actions en interne auront un réel impact sur la planète et le bien être de ses salariés.

quotidiendurable.com/files//Renee_Talamona.mp3

La seconde manière d’engager la révolution n’est pas donnée à tout le monde : Faites changer l’offre produit de votre entreprise

Photo Libre image bureau

Prenons l’exemple, que je connais bien, des fournitures de bureau. La création d’un bureau sur la terre impulse un souffle nouveau, montre à tout le monde que les fournitures de bureau écologiques c’est possible et depuis longtemps. En mettant les deux pieds dans le plat, l’entreprise amorce quelque chose. De nombreux clients sont heureux de participer à cette aventure, à la fois pour la qualité des produits que pour l’esprit qui anime l’équipe. Pour autant, la jeune pousse, aussi virulente soit elle, n’est pas près d’atteindre le chiffre d’affaire d’Office Dépot. Elle a lancé une boule de neige, mais il n’y a que les gros du marché qui peuvent concrétiser l’avalanche. Si vous bossez chez Office Dépot, vous pouvez changer le monde, en mettant en place une offre verte ET en vous assurant qu’il ne s’agit pas d’un lavage de cerveau à la sauce green attitude. Pas de peinture verte svp, ça pollue !

Toujours sur l’exemple des fournitures, vous pouvez instaurer une politique prix écologique. Vous êtes speed ? On vous livre en 12H chrono. Vous avez le temps ? Si vous acceptez d’être livré dans 5 jours vous aurez 5% de remise, dans 10 jours 10% et dans 15 jours 15%. De votre coté vos camions seront mieux remplis et vos stocks mieux gérés.

Entreprendre ce n’est pas forcément créer une entreprise de toute pièce. Entreprendre, c’est mouiller sa chemise pour créer quelque chose de nouveau.

Images: Photo Libre