Il y a quelques jours, je participais a une formation durant laquelle il nous était demandé si nous étions plutot du genre utopique ou terre à terre ?
La plupart des participants ont répondu que l’utopie était dangereuse car elle n’était jamais satisfaite. J’étais le seul à défendre que l’utopie, le rêve, est source de créativité, d’énergieet de réalisation concrète.

J’ai de la chance j’ai eu le droit de réver durant toute mon enfance. Je peux dire que j’ai appris à réver. Chez moi, à table, on parlait de la piscine qu’on construirait, avec des toboggans qui partiraient de chacune de nos chambre. Chez moi à table, on parlait du tube d’acier qu’on installerait dans la cage d’escalier pour pouvoir descendre comme les pompiers. D’ailleurs notre jeu favori c’était de descendre l’escalier en glissade emmitouflé dans des matelas et des sacs de couchages, si c’est pas un rêve réel ça ?!

Jamais mes parents ne m’on dit « arrête de réver !  » ou « ça n’arrivera jamais ». Bien sûr ils me ramenaient à la réalité, mais avec un « c’est beau de réver, n’est ce pas ? » qui n’avait rien d’ironique. Leur façon à eux de nous dire de profiter de ce rêve.

 

« Rêve ta vie, vie tes rêves ».

 

Depuis j’ai décidé d’utiliser mes rêves pour construire ma réalité, y compris dans mes projets professionnels. Vous savez, ceux dans lesquels on prone l’hyper réalisme, la carrière long terme. Je suis frappé à quel point l’école nous incite à tout prévoir pour essayer de passer entre les gouttes, alors que sans déconner, y a rien de plus marrant que de courir sous un orage !

Rassurez vous, réver est compatible avec la réalité.
Bien plus, réver aide à construire une réalité plus belle.

Parfois aller au bout d’un rêve permet simplement de se rendre compte qu’il ne nous apporterait pas ce que l’on attend de lui.

Prenons l’exemple d’un de mes rêves d’il y a quelques années: partir habiter en Nouvelle Zélande. Je trouve ce pays fantastique ! A force d’être frustré de ne pas y être. Je me suis imaginé partir le lendemain, avec un super boulot, ou sans avoir besoin de bosser,  dans une belle maison en bord de mer… Dans le genre rêve sans contrainte, difficile de faire pire. Et là je me suis dit….  » ou est ma famille ? Ou sont mes amis ? »

Je me rendais compte que même sans aucune contrainte, avec les conditions les plus favorables, je n’étais pas prêt à partir à plus de 20h d’avion de ceux que j’aime. Réver ce rêve jusqu’au bout m’a permis de me rendre compte que le réaliser ne me rendrait pas heureux. Si je ne m’étais pas autorisé à réver, j’en serais certainement encore à me dire « si seulement…. » et à m’endormir chaque soir un peu plus frustré que la veille.

Il y aussi les rêves qui se réalisent, des rêves qui arrivent à se frayer un chemin dans la réalité. Ou encore de très très belle réalité, très concrètes, qui se construisent sur la base d’un rêve.

Prenons un exemple à la mode: le développement durable. Ce truc est une utopie ! La société 100% durable économiquement, socialement et écologiquement n’est pas près de pointer le bout de son nez ! Et pourtant, qu’est-ce que j’en rêve ! Et vous n’imaginez pas à quel point ce rêve est source de réalisation concrète. Il y a un paquet de lecteur de ce blog qui dépensent une énergie folle pour que ce rêve devienne réalité. Si ils s’étaient arrété en ce disant « c’est impossible, on laisse tomber », on n’aurait jamais inventé les produits vaisselles écologiques ou le micro crédit. J’irai même plus loin, si il n’avait pas ce rêve en ligne de mire, chaque jour, chaque minute, alors ils seraient en train de faire leur projet à moitié, sans grande conviction et probablement sans succès.

Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit. Magaret Mead
Je prefère adapter mon rêve de développement durable à la contrainte de la réalité que de considérer le développement durable comme une contrainte dans un monde 100% terre à terre.

Par un rêve que l’on n’a pas choisi, les stars du marketing arrivent à nous faire faire tout et n’importe quoi. Avec nos rêves à nous on doit bien être capable de tout faire, et pas que n’importe quoi !

C’est la crise, il est urgent de réver.