On est toujours plus intelligent après

Depuis quelques temps je revois fleurir sur les réseaux sociaux cette citation

“Si vous passez une mauvaise journée, souvenez vous qu’en 1976 Ronald Wayne a vendu pour 800$ les 10% qu’il avait dans Apple et qui valent maintenant 58 Milliards”.  (70 au cours d’aujourd’hui).

Je me rappelle cette maxime qui me vient d’un ami. “on est toujours plus intelligent après”. Je garde cette phrase en tête car elle veut dire 2 choses pour moi. Tout d’abord, c’est facile de relire l’histoire en se disant qu’on a été bête de faire telle ou telle chose, car quand l’histoire est finie, elle est écrite, le chemin est tracé, donc forcément, on sait ce qu’il aurait fallu faire.
Ensuite, l’experience nous fait grandir, murir, et nous rend de fait, plus intelligent.

Le mode d’emploi est à découvrir en route.
Un mec essaie d’ouvrir une porte en la défonçant et se casse l’épaule.
Derrière la porte il voit un papier qui dit “pour ouvrir la porte, il faut taper 3 fois en haut, 3 fois en bas, chanter la marseillaise et mettre son doigt dans son nez”.
Nous on retient “un mec se casse l’épaule alors qu’il aurait pu ouvrir la porte sans la défoncer”.
On oublie complètement le chemin.
Qui devant cette porte aurait pu deviner la manière de l’ouvrir avant de l’avoir ouverte ?

On est toujours plus intelligent après.
Pour revenir sur ce monsieur trop bête d’avoir vendu 800$ un truc qui en vaut 70 Mds.

Il y a de nombreuses choses que cette histoire ne nous dit pas.

  • Si il avait 10% en 76, combien aurait-il maintenant ? Par exemple, Steve Jobs, pourtant hyper actif dans l’entreprise, et n’ayant pas vendu 10% en 1976 avait une fortune estimée à 7milliard. 10 fois moins que cet inconnu “aurait” pu avoir. Une entreprise ce n’est pas un PEL. Avoir 10% d’une boite en 76, ne veut rien dire.
  • Si il était resté dans la boite, la relation entre associé aurait peut être capoté 5 ans plus tard et Apple n’aurait tout simplement pas vu le jour.
  • Qu’a t-il fait de ces 800 euros ?
    • Si ça se trouve il les a mis à 100% dans une boite dont il est maintenant actionnaire unique et qui vaut 70Mds ?
    • Il a peut être prété de l’argent à un ami qui est devenu son meilleur pote et qui lui a sauvé la vie 2 ans plus tard ?
    • Il a peut être offert une bague à la femme de sa vie avec qui il vit heureux depuis 40 ans ?
    • Il s’est peut être offert un billet d’avion pour aller échanger pour la dernière fois avec son père qui était sur son lit de mort ?
    • Il a peut être tout claqué à Végas ? Acheté un PC sous windows ? Placé tout l’argent sur un compte à 3% ?

ON N’EN SAIT RIEN !

L’histoire ne dit pas du tout, si pour cet homme, vendre 10% à 800 euros était une bonne, une mauvaise idée, ou un évenement complètement anodin.

Personnellement j’ai  aussi souvent tendance à regarder trop loin en avant ou en arrière, et je me rappelle alors la discussion avec mon directeur des études à l’ICAM. J’échangeais avec lui au sujet de mon avenir et lui demandait  “Que faut il que je fasse maintenant pour avoir un bel avenir ? Un stage, une formation, du bénévolat ? ” Dans cet échange je confrontais mes envies, mon énergie du moment, à mon besoin d’être rassuré sur le fait que cela avait un sens, ou plus précisemment que cela ferait bien sur mon CV.
Mon directeur des études me répondit alors

“Ce qui est bon pour toi MAINTENANT, est bon pour ton avenir”.  

 

Quand la nature me rappelle à l'ordre

“Agir pour demain, agir pour nos enfants, agir pour l’avenir”…

J’ai parfois le sentiment que la manière avec laquelle on essaie de nous motiver à nous bouger touche à l’exacte explication de notre immobilisme. On nous demande d’agir pour éviter une catastrophe future alors même que nous ne serons probablement plus là lorsqu’elle battra son plein. J’ai déjà du mal à économiser pour mes vacances, encore plus pour ma retraite ! Comment vais-je donc trouver l’énergie de me bouger pour la planète ?

Ma stratégie :

1 / Commencer par ce qui me donne du bien-être immédiat : aller chercher le pain en vélo, manger des produits sains et locaux.

2 / Continuer par ce qui me fait faire des économies là tout de suite : installer des réducteurs de débit d’eau, baisser la température du chauffe-eau, penser à éteindre le chauffage, conduire plus calmement…

3 / Se satisfaire de chaque étape et prendre le temps de constater combien cette transition m’apporte au quotidien : meilleure forme, bien-être, économies… Finalement, la nature ne serait-elle pas simplement en train de me rappeler à l’ordre ?

4 / Faire plus si affinités !

“Nous n’avons pas vingt ans pour réagir, nous avons vingt ans pour réussir ”, dixit Isabelle Delannoy, ingénieure agronome et écrivaine, spécialisée dans les questions environnementales. Pourquoi ne pas passer vingt ans à être chaque jour plus heureux ? »

Liberté, Responsabilité, Humanité

Après 14 ans d’accompagnement d’équipe, je commence à réussir à mettre des mots sur ma vision à ce sujet.

Cette vision est loin d’être aboutie. Elle a progressé au contact de mes deux grands amis-associés (l’un après l’autre) Dominique et Régis, elle se forge aussi au rythme de mes lectures et de mes échanges.

En ce moment, trois mots m’habitent pleinement : Liberté, Responsabilité et Humanité.

Liberté de choisir son poste, son titre, son temps de travail, son lieu de travail, sa méthode de travail, son approche.
On est libre de rejoindre l’entreprise, libre de la quitter, avec la volonté pour moi d’encourager les aventures y compris si cela signifie quitter l’entreprise.

Liberté car comment être responsable si l’on n’est pas libre. Comment assumer un rôle sans en avoir le droit. Comment innover si l’on est contraint. Comment satisfaire nos clients, si nous n’en n’avons pas le pouvoir ?

On est libre de se reposer, comme libre de travailler tard, car en fait on est humain, et qu’il est difficile pour nous de tenir un rythme de métronome. Puisque nous ne tenons pas un commerce nous profitons de l’absence de contrainte horaire. Nous travaillons en écoutant nos énergies, nos besoins perso.

Nous sommes néanmoins responsable de ce que nous faisons de cette liberté. Responsable devant nos clients, mais aussi nos collègues. Responsable devant le salaire que nous recevons chaque mois aussi. Responsable des choix que nous avons fait. Libre et responsable de nos choix.

Nous sommes humains. L’humanité n’a rien à voir avec la gentilesse ou la bonhommie (bien que le sourire soit l’une de nos valeurs), l’humanité dans ce triptique c’est accepter qu’on ne peut pas être toujours à 200%. C’est affirmer que l’on peut être l’être pour fournir un coup de colier, mais que nous avons aussi parfois besoin de nous assumer “au tapis”, crévé, éprouvé. C’est aussi s’autoriser à dire “Je crois que j’ai besoin de me ressourcer, je vais marcher un peu”,  “j’ai besoin de calme, je ne prévois aucun déplacement cette semaine”, ou encore “j’ai besoin de ma famille, je ferai plutot un 10h – 17h ce mois-ci”. Si on lutte face à ce coup de mou, on reste dans le combat, on passe le col tant bien que mal, mais après on n’a plus l’énergie de rien. Si on assume le coup de mou, qu’on le reconnait, qu’on en prend soin, alors on se donne l’occasion d’en tirer quelques choses. Au minimum, du repos, tout simplement.
J’ai même la conviction que c’est dans les moments hors de la routine que la créativité bourgeonne. Changer de rythme, changer de lieu, etre à 200%, puis faire une sieste, la diversité des experiences nourrit notre imagination.

Liberté, Responsabilité, Humanité.
v1.1